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Énigmes de l'histoire Mausolée de l'empereur Qin

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Le mausolée de l'empereur Qin (chinois : 秦始皇陵 ; pinyin : qínshǐhuáng líng) se trouve à proximité de la ville de Xi'an, dans le Shaanxi. Il comprend d'une part le tombeau de l'empereur Qin Shi Huangdi (IIIe siècle av. J.-C.), non encore fouillé, d'autre part les fosses où l'on a trouvé, à partir de 1974, les vestiges ensevelis de milliers de soldats de terre cuite formant ce qu'on a appelé l’armée de terre cuite ou armée d'argile, appelée en chinois bingmayong (chinois : 秦始皇兵马俑 ; pinyin : qínshǐhuáng bīngmǎ yǒng). L'ensemble s'étend sur environ 56,25 km²
La tombe est recouverte par un tumulus haut de 115 mètres. On en connaît le contenu légendaire grâce au récit de Sima Qian. En 1914, à l'occasion d'une expédition archéologique, Victor Segalen avait livré une description détaillée de l'aspect extérieur du tombeau
À environ 1 500 mètres se trouvent les fosses contenant quelque huit mille statues de soldats, statues qui ont quasiment toutes un visage différencié, et de chevaux en terre cuite datant de 210 av. J.-C. C'est « l'armée enterrée », destinée à garder l'empereur défunt. Ces statues furent cuites dans des fours à une chaleur d’environ 900 °C. Des couleurs minérales étaient appliquées après cuisson sur les statues, ce qui, tout en les individualisant davantage, permettait de distinguer par la couleur dominante les différentes unités de cette armée
Le site a été ouvert au public à l'occasion de la fête nationale chinoise en 1979
L'armée de terre cuite a été inscrite le 11 décembre 1987 sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité établie par l'UNESCO à la suite de l'avis favorable de l'ICOMOS


Guerriers chinois en terre cuite

Édification de la nécropole : immolations et « substituts »
L'édification de la nécropole a nécessité trente-six ans d'ouvrage, avec une main-d'œuvre de quelque 700 000 personnes. D'après Les Mémoires historiques de l'historien Sima Qian, les ouvriers ayant préparé le tombeau et assisté à l'enterrement ont été emmurés vivants dans le mausolée à la fin de la cérémonie afin que les secrets de sa construction ne soient pas divulgués. Les sacrifices humains à la mort d'un personnage « important » paraissent avoir été fréquents dans la Chine des Zhou7. Certaines fosses contiennent d'ailleurs de nombreuses dépouilles. Cependant cette pratique était déjà devenue rare au début de l'époque des Royaumes Combattants, la tombe du marquis Yi de Zheng, mort vers 433 avant notre ère, avec les restes de 21 jeunes femmes était une exception pour des personnages autres que les plus hauts dignitaires, dans l'aire culturelle Zhou. La présence de « substituts » en terre cuite ou de bois s’était généralisée, elle allait être de règle sous la dynastie Han, et donner là l’occasion d’une création d’une très grande richesse dans le domaine de la sculpture chinoise

La découverte
Les premiers fragments de guerriers et des pointes de flèches en bronze sont découverts par Yang Zhifa, ses cinq frères et Wang Puzhi qui creusent un puits en mars 1974 dans le village de Xiyang dans le comté de Lintong. À deux mètres de profondeur, les paysans trouvent de la terre durcie, ensuite de la terre rouge cuite, des fragments de terre cuite, des pointes de flèches en bronze puis des briques de terre cuite. Cela n'attire pas outre mesure l'attention de Yang Zhifa, lequel jette les fragments de terre cuite au coin du champ, récupère les pointes de flèches pour les vendre 2 yuans la livre à une agence commerciale. D'autres villageois récupèrent des briques en terre cuite pour s'en faire des oreillers. Un cadre chargé des travaux hydrauliques, Fang Shumiao, vient au village et, voyant les objets trouvés, propose aux villageois d'aller les vendre à la maison de la culture du district. Yang Zhifa obtient, pour deux charrettes de fragments de ce qui va se révéler être des guerriers en terre cuite, la somme de 10 yuans. Questionnant les paysans, Zhao Kangmin, responsable de la maison de la culture, vient au village, enquêtant et achetant tout ce que les villageois ont mis au jour, rachetant même les pointes de flèches à l'agence commerciale. En mai 1974, une équipe d'archéologues du Shaanxi se rend sur les lieux pour entreprendre les premières fouilles de ce qui va devenir la fosse no 1. Des tentes sont dressées, les archéologues commencent les fouilles. En mai 1976, la fosse no 2 est découverte par sondage et en juillet la fosse no 312. Les fouilles, s'étendant sur une surface de 20 000 m2, livrent environ 7 000 statues de guerriers et de chevaux en terre cuite, une centaine de chars de combat en bois et d'innombrables armes. Certaines fosses ont été trouvées à plusieurs kilomètres du tumulus du tombeau de l'empereur Shihuangdi des Qin à l’époque des Han. De larges bâtiments sont édifiés pour protéger les fosses. Le premier est terminé en 1979. Six cents fosses d'accompagnement du défunt sont repérées en 2008

Les personnages de terre cuite
Les soldats ont, pour la plupart, été fabriqués en terre cuite dans des ateliers. Les différentes parties — tête, bras, jambes, torses, armes — furent produites séparément puis assemblées. Différents moules ont été utilisés pour le visage, avec ajouts d'argile pour individualiser les personnages. Une fois terminés, les soldats ont été disposés en ordre militaire dans les fosses, selon le rang et la tâche. On retrouve ainsi des officiers, des fantassins, des fonctionnaires, des arbalétriers, des chevaux et même des acrobates. Ils mesurent près de 1,80 m à 2 m. Ils portent tous une arme (épée, arc ou arbalète) en bronze recouverte d'une fine couche de chrome (raison pour laquelle certaines de ces armes sont toujours affûtées); certaines d'entre elles auraient été pillées ou en partie retirées par des archéologues pour les analyser ou les exposer dans un musée, mais on peut encore distinguer leur trace dans la forme des mains
Les personnages diffèrent les uns des autres par la taille, l'uniforme et la coiffe. À l'origine, les soldats étaient armés et peints de couleurs vives qui ont pour la plupart disparu à la suite de l'incendie des fosses par les rebelles Han en l'an 206 av. J.-C. et par leur exposition à l'air libre durant les premières fouilles archéologiques, de 1970 à 1990. Les restaurateurs sont maintenant en mesure de stabiliser certains pigments, ce qui permet d'apprécier le travail des artisans et d’imaginer l'état originel des sculptures peintes
Une couche de laque brun foncé recouvrait chacun d'eux. Sur ce fond, deux ou trois couches de laque et de pigments colorés étaient ajoutées. Le rouge servait ainsi à peindre les lacets, qui attachaient les plaques de l'armure, ou le ruban de la coiffe. Le vert et le bleu étaient utilisés pour les pantalons. Le rose, le jaune et le violet foncé se retrouvent sur les tuniques
Sources

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