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Extrême droite

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Le terme extrême droite est employé pour classer des mouvements, des organisations et des partis politiques historiquement disposés à l'extrême droite des hémicycles parlementaires. La question de sa délimitation suscite le débat, surtout celle de ses « invariants », mais plusieurs usages en sont distingués.

Auparavant, étaient d'extrême droite les mouvements comme l'Action française, marqués par la défense de la tradition contre l'époque moderne (et emblématiquement, contre la franc-maçonnerie), l'anti-parlementarisme, l'autoritarisme, la doctrine basée sur la race, les idées réactionnaires. Ceux qui se réclament de ces idées aujourd'hui, comme nombre de catholiques traditionalistes, y sont toujours classés.

De plus, le terme est associé aux mouvements défaits par la Seconde Guerre mondiale, tels que le fascisme italien et le national-socialisme allemand, fondamentalement rejetés depuis lors, ce qui en explique l'usage souvent péjoratif.

De fait, l'extrême droite se distingue de la droite par une contestation du capitalisme voire du libéralisme mais s'en rapproche par sa vision des institutions démocratiques. L'ordre spontané que les libéraux trouvent dans l'économie politique, est plutôt l'unité organique de la nation, de la race ou de la communauté de croyants. Par sa croyance en des lois intangibles (surnaturelles ou naturelles), l'extrême droite partage avec les conservateurs le refus de la révolution permanente (auquel répond la métapolitique) et avec Burke, la critique des droits de l'homme.

Par extension, certains qualifient d'extrême droite les mouvements qui s'opposent à un sens sinistriste de l'histoire, et partant, à leur vision de la gauche. Si le populisme, le nationalisme ou a minima le patriotisme ont été portés par de nombreuses gauches, certains internationalistes aujourd'hui n'hésitent pas à placer leurs partisans à l'extrême droite. De même chez les adversaires des positions royalistes, national-syndicalistes, ethno-différencialistes ou traditionnalistes.

Enfin, il est à noter que la plupart des mouvements concernés rejettent le qualificatif d'extrême droite. Les catholiques traditionnalistes et certains fascismes rejettent la dualité communisme-capitalisme, qu'ils estiment tous deux matérialistes et aliénants — d'où le concept de Troisième voie en France.

Sommaire

Droite et extrême droite

La science politique anglo-saxonne parle plus volontiers de droite radicale signifiant par là qu'elle se situe à la limite de la droite démocratique, libérale ou conservatrice.

Pour se distinguer de l'extrême droite, la droite traditionnelle entretient, majoritairement, un refus d'alliance, dont une illustration est le « cordon sanitaire » en Belgique. Dans certains pays, comme les Pays-Bas, l’Autriche ou Israël, des alliances sont nouées. Enfin, dans d'autres pays, la droite classique tente de préempter les thèmes porteurs de l'extrême droite.

Certaines personnalités ou structures politiques peuvent évoluer considérablement comme l'illustre, en Italie, la trajectoire du Mouvement social italien (néo-fasciste) devenu Alliance nationale (centre-droit) ou, en France, Alain Madelin, Gérard Longuet, Patrick Devedjian, Hervé Novelli

Fondements idéologiques

Si les mouvements ou partis d'extrême droite sont divers, leurs socles idéologiques comportent des points communs : un patriotisme, un nationalisme et un traditionalisme encore plus poussés qu'à droite, un fort attachement à des valeurs nationales, identitaires, culturelles et/ou religieuses, et, parfois, un discours économique et social plus contestataire et se voulant plus proche des milieux populaires que celui de la droite traditionnelle.

La xénophobie fait aussi partie de ce socle commun. Des politologues affirment que « deux sujets essentiels cristallisent le vote d'extrême-droite : la xénophobie et le discours sécuritaire ». Cependant, selon la géopoliticienne Béatrice Giblin-Delvallet, « Les ressorts communs à la montée de l'extrême droite en Europe que sont l'immigration musulmane, la mondialisation (à laquelle la désindustrialisation et la montée du chômage sont associées) et l'Union européenne ne suffisent cependant pas à effacer les particularités des situations nationales de chaque État. ».

Le terme d'extrême droite englobe des mouvements parfois contradictoires : dans le domaine spirituel, certains défendent un traditionalisme-intégrisme religieux, d'autres un athéisme exacerbé ou un néo-paganisme ; dans le domaine économique, beaucoup sont partisans de l'étatisme, tandis que d'autres prônent au contraire le libéralisme économique

Identité politique

En 2005, à partir d’une enquête menée dans cinq pays européens (Allemagne, Belgique, France, Italie, Pays-Bas) auprès de militant(e)s d’extrême droite, un chercheur de l'Université libre d'Amsterdam démontre que le trait commun qui structure leur identité politique est la stigmatisation dont ils font l’objet.

Ainsi, comme beaucoup de formations qualifiées d'« extrême droite » récusent cette étiquette, une véritable catégorisation politique s'avère difficile. En France, Jean-Marie Le Pen déclare par exemple être « économiquement de droite, socialement de gauche et nationalement de France ». Les partis concernés préfèrent souvent d'autres appellations, comme « droite nationale », « mouvement national », « droite populaire », ou simplement « droite ».

Il sera donc question d’« extrême droite traditionnelle » à propos de la tendance activiste et protestataire issue directement des mouvements fascistes, nazis et racistes des années 1930 à 1960. Le terme de « nouvelle droite national-populiste » sera utilisé pour les partis constitués plus récemment autour de problématiques liées à la crise : chômage, immigration, identité nationale, etc. et qui mettent en œuvre des stratégies de prise de pouvoir électorale

Les voies et moyens

Les moyens mis en œuvre par les partis ou organisations d'extrême droite sont divers :

  • le parlementarisme et la participation aux élections ;
  • la propagande, notamment par le cyberactivisme ;
  • l'activisme pouvant parfois être violent, voire terroriste comme en Italie, en Suède, en Turquie, en Allemagne ou en Israël

La base électorale de l'extrême droite reste avant tout les milieux populaires  : petits commerçants, artisans, ouvriers, etc. Elle suit en effet une ligne « anti-élite » (voire parfois contre-révolutionnaire), se différenciant ainsi de la droite conservatrice et libérale.

En France, par exemple, et selon la géographe Catherine Bernié-Boissard, « le vote FN exprime un désarroi, un sentiment de déclassement. Les scores les plus élevés, on les retrouve dans des communes où le taux de diplômés et le niveau d’éducation sont les plus faibles, où la présence des services publics est moindre ».

Selon une étude de l'Église réformée de France, l'électorat de l'extrême droite est majoritairement masculin, peu diplômé et anti-politique

Caractéristiques générales

À partir du cas de la France, Michel Winock dans « Nationalisme, antisémitisme et fascisme en France » (2004) donne les neuf caractéristiques suivantes aux mouvements d’extrême droite qui découlent du discours de la décadence, « vieille chanson que les Français entendent depuis la Révolution » :

  • « la haine du présent », considéré comme une période de décadence ;
  • « la nostalgie d’un âge d'or » ;
  • « l'éloge de l’immobilité », conséquence du refus du changement ;
  • « l'anti-individualisme », conséquence des libertés individuelles et du suffrage universel ;
  • « l'apologie des sociétés élitaires », l'absence d’élites étant considérée comme une décadence ;
  • « la nostalgie du sacré », qu'il soit religieux ou moral ;
  • « la peur du métissage génétique et l’effondrement démographique » ;
  • « la censure des mœurs », notamment la licence sexuelle et l'homosexualité ;
  • « l'anti-intellectualisme », les intellectuels n’ayant « aucun contact avec le monde réel » (Pierre Poujade).

Les interprétations qu’il en donne sont de quatre ordres : Dans le cadre de la lutte des classes, il s’agit de la revanche des perdants contre les gagnants de la modernité. Ainsi s’expliquent l’élitisme aristocratique de l’extrême droite du XIXe siècle, les aristocrates étant les grands perdants de la Révolution française, puis de la Révolution industrielle ; le poujadisme des petits commerçants contre la montée des grandes surfaces et les laissés pour compte de la crise actuelle. L’« interprétation conjoncturaliste » insiste sur le rôle important des situations de crise dans la montée de ces idéologies. Une crise économique et sociale se mue alors en une crise politique, réelle ou supposée. Il indique également le passage de la « société tribale, rurale, patriarcale » à la « société urbaine, industrielle et libérale », se traduisant par une série de peurs et notamment « la peur de la liberté » (Karl Popper). L’interprétation anthropologique assimile le discours sur la décadence du pays avec la nostalgie de l’homme vieillissant devant l’enfance, ce « monde protégé ».

Pour Jean-Yves Camus, dans un contexte de mondialisation et de montée des inégalités, l'extrême droite « s'impose plus que jamais comme principale force de contestation du consensus idéologique imposé par le modèle social ultralibéral »

Étymologie contemporaine

L'extrême droite est composée de divers courants (convergents ou antagonistes) parmi lesquels :

  • Des groupuscules néofascistes ou néo-nazis, se réclamant du fascisme des années 1930.
  • Certains partis religieux traditionalistes, tenants d'une politique pouvant être qualifiée de cléricale comme les catholiques traditionalistes, certains partis néosionistes et religieux en Israël, ou islamistes. Le courant national-catholique est représenté au sein de nombreux partis nationalistes, par exemple en France le Front national dont beaucoup de lefebvristes sont sympathisants, notamment Bernard Antony.
  • Des organisations racistes comme le Ku Klux Klan, prônent une Suprématie blanche ; d'autres, à l'inverse, prônent la suprématie noire, avec notamment Nation of Islam aux États-Unis, Zimbabwe African National Union au Zimbabwe et la Tribu Ka en France.
  • Des partis populistes, nationalistes et souverainistes comme le Dansk Folkeparti (Parti populaire danois en français) au Danemark, le Freiheitliche Partei Österreichs (Parti autrichien de la liberté en français) en Autriche, le Front national en France, l'Union démocratique du centre, le Démocrates suisses et le Partei National Orientierter Schweizer (Parti nationaliste suisse en français) en Suisse, Die Republikaner (les Républicains en français) en Allemagne, le Vlaams Belang (« Intérêt flamand » en français) en Flandre, le Front national en Belgique francophone, le Partij voor de Vrijheid (le Parti pour la liberté en français) aux Pays-Bas, Alerte populaire orthodoxe en Grèce, etc.

D'autres formations sont selon certains observateurs considérées comme d'extrême droite, mais cette classification peut être davantage controversée :

  • Les monarchistes, partisans de l'absolutisme, ou dans les républiques, du rétablissement de la royauté.
  • Les nationalistes révolutionnaires et les nationaux-bolchévistes ou « eurasistes » inspirés par les théories de Jean Thiriart et d'Alexandre Douguine. Le terme « national-bolchévisme » a été employé abusivement pour désigner d'anciens membres de la nomenklatura communiste s'étant reconvertis dans le nationalisme, tel le parti de Slobodan Milošević en Serbie.

Partis et mouvements par pays

Selon les pays et les contextes, le terme « extrême droite » est, de fait, utilisé pour trois types de visions ou de mouvances :

  • l'ensemble des mouvements et des partis siégeant, lorsqu'ils ont des élus, à l'extrême droite de l'hémicycle (à droite et en haut des gradins), il convient alors de parler de « l'extrême droite de l'échiquier politique ou extrême droite parlementaire » ;
  • un ensemble de groupuscules révolutionnaires se distançant nettement du parlementarisme par leur idéologie ;
  • un ensemble de groupuscules insurrectionnels violents voire terroristes.

La présence de ces mouvements par pays est aussi très variable. La situation des États-Unis, avec une extrême droite à l'influence marginale s'oppose ainsi à celles de plusieurs pays européens, (Autriche, Norvège, Danemark, Suède…) où leur présence parlementaire est de plus en plus marquée. De façon intermédiaire, des pays tels que le Japon disposent de mouvements d'extrême droite non parlementaires, mais ayant une forte capacité d'influence sur le principal parti au pouvoir.

Dans certains pays, comme l’Autriche, Israël et plus récemment la Norvège, l’extrême droite participe parfois aux coalitions gouvernementales avec la droite et le centre-droit, et possède donc à l’occasion des ministres. Au Danemark, l'extrême droite a, au début des années 2000, apporté son soutien à un gouvernement, sans toutefois y participer.
Si dans les années 1970, Vera Oredsson dirigeait une formation d'extrême droite en Suède (le Parti du Reich Nordique), c'est à partir du XXIe siècle que les partis d'extrême droite et de droite populiste européens se féminisent, plusieurs de leurs figures de proue étant des femmes, comme Marine Le Pen (France), Siv Jensen (Norvège), Krisztina Morvai (Hongrie), Pia Kjaersgaard (Danemark), Anke Van dermeersch (Belgique), Alessandra Mussolini (Italie) ou encore Eleni Zaroulia (Grèce). Ces personnalités et leurs partis respectifs ne se situent pas tous sur la même ligne politique, certains étant issus d'une droite radicale populiste, d'autres étant clairement fascisants43.

En France, l'extrême droite remonte à la deuxième moitié du XIXe siècle et coïncide avec la fin de la monarchie. Parmi les idées caractéristiques des mouvements classés à l'extrême droite, ont figuré à titres divers notamment l'antiparlementarisme, l'islamophobie, l'antisémitisme ou le nationalisme ou bien encore l'homophobie et le sexisme chez certaines personnes. Les mouvements actuellement classés à l'extrême droite en Europe sont souvent accusés de racisme et de xénophobie en raison de leur hostilité générale à l'immigration et des positions ouvertement racistes revendiquées par certains d'entre eux.

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