Archeowiki-archeologie-histoire-archeowiki.jpg


planet movie


Participer à l'enrichissement et à l'élaboration d'archéowiki, le wiki des passionnés d'archéologie et d'Histoire, en faisant une demande de création de compte par le biais de ce formulaire - Recommandez archeowiki.com

Jean-François Champollion

De archeowiki. Le wiki des passionnés d'archéologie et d'histoire
Aller à : Navigation, rechercher

Jean-François Champollion dit Champollion le Jeune fut un égyptologue français qui déchiffra les hiéroglyphes

Il naquit le 23 décembre 1790 à Figeac et mourut le 4 mars 1832 à Paris

Jean-François Champollion

Il arrive, grâce à l’abbé de Tersan, un collectionneur, à obtenir une copie de la pierre de Rosette, mais préfère étudier d’abord des papyrus en écritures cursives. Il découvre en 1808 le principe de ligatures (regroupement) des signes. Il postule alors, sur des analogies avec l'un des dialectes coptes, l'absence de voyelles dans l'écriture égyptienne et obtient le 15 août 1808, comme il l’explique dans une lettre à son frère, ses premières conclusions
« J’ai fait un assez grand pas dans cette étude : 1° j’ai prouvé par des rapprochements que tous les papyrus appartiennent à un même système d’écriture – 2° que j’ai la valeur de toutes les lettres par l’inscription de Rosette qu’elles sont absolument les mêmes – 3° que j’ai déchiffré le commencement du papyrus gravé dans Denon, planche 138 […] qui en copte veut dire mot pour mot : « Dis : repose en paix, ô Égyptien, remplis ta dernière destination, échappe aux Ténèbres du tombeau et de la mort. »

Mais il s’attarde sur l’histoire étrusque. Il écrit en effet : « Les Étrusques m’occupent en ce moment, langue, médailles, pierres gravées, monuments, sarcophages, tout se grave dans ma tête ; et pourquoi ? Parce que les Étrusques viennent de l'Égypte. », Mais son frère le rappelle à l’ordre : « Étudie donc une chose au lieu de divaguer sur tous les coins du monde et d’effleurer la matière ». Il se remet à ses études craignant qu’Étienne Quatremère déchiffre les hiéroglyphes avant lui dans ses Recherches critiques et historiques sur la langue égyptienne, publiées en juin 1809. Au printemps 1809, il se met à rédiger une grammaire copte et étudie le texte démotique de la pierre de Rosette. Il fait « table rase » des précédentes tentatives de déchiffrement des hiéroglyphes : il dit en effet des membres de la Commission d’Égypte que « leurs explications ne sont justement que de l’eau de boudin… », et se lance dans de grandes diatribes contre les autres chercheurs : « Tout ce qu’ont dit sur les obélisques les Kircher, Jablonsky, Warburton, etc., ne sert qu’à y prouver qu’on n’y entend rien et qu’on n’y entendra jamais rien ». Lors de l’été 1809, il commence une grammaire du « langage thébain-sahidique », celui de la communauté copte de la région de Saïd. Il écrit en effet à son frère en mars ou avril 1809

« Je me livre entièrement au kopte […] Je veux savoir l'égyptien comme mon français parce que sur cette langue sera basé mon grand travail sur les papyrus égyptiens. […] Je ne fais que du kopte, égyptien. […] J’ai fait 1) une grammaire thébaine saïdique (la seule qui existe). une memphitique. la concordance des deux dialectes. J’ai transcrit la grammaire saïdique en arabe, d’un manuscrit copte. 5) J’ai copié les textes. 6) J’ai fait la lettre "A" d’un dictionnaire saïdique. 7) J’ai parachevé sept lettres d’un dictionnaire memphitique par racines. »

Après avoir longuement étudié la Bible, il critique « les juifs ignorants et superstitieux qui veulent soutenir que le bon père Abraham et les prêtres hébreux ont appris les quatre règles de l’arithmétique et tous les arts aux Égyptiens ». Il continue de travailler à essayer de déchiffrer le texte démotique de la pierre de Rosette. Mais la tâche n’est pas de tout repos et il bute sur de nombreux obstacles. Sa lettre à son frère du 17 juin 1809 en est un bon exemple

« La tentative sur le texte égyptien n’a produit aucun résultat… Les noms propres que j’ai lus comme Äkerblad (quoique différent sur la manière de dégrouper les lettres simples) ne sont point en exacte concordance avec le texte grec… Ainsi la marche que tu m'as indiquée n’est point praticable, puisqu’elle est basée sur l’entière conformité des textes grec et égyptien… »

À partir de 1821, il déchiffre les premiers cartouches royaux, dont celui de Ptolémée V sur la pierre de Rosette, puis celui de Cléopâtre sur la base d'un obélisque et sur un papyrus bilingue. Un ami, l’architecte Jean-Nicolas Huyot, lui ayant envoyé des reproductions de détails issus des temples d'Abou Simbel qui venaient d'être découverts, Champollion y repère dans un cartouche le signe solaire de Râ (Rê), un autre signe qu'il savait être M et deux S : RâMSS, donc Ramsès, ce qui en même temps signifie « Rê l’a mis au monde ». Idem pour ThôtMSS, Thoutmôsis : le 14 septembre 1822, il peut donc aussi lire les noms égyptiens, s'exclamer « je tiens mon affaire » puis selon la légende familiale (hagiographie du fils de Jacques-Joseph Champollion, Aimé-Louis (1812–1894) tomber dans un coma quelques jours. Ce déchiffrement signe l'acte de naissance d'une nouvelle science, l'égyptologie. Le 27 septembre 1822, il écrit la lettre à M. Dacier relative à l'alphabet des hiéroglyphes phonétiques dans laquelle il fait part de sa découverte d'un système de déchiffrement des hiéroglyphes

« C'est un système complexe, une écriture tout à la fois figurative, symbolique et phonétique, dans un même texte, une même phrase, je dirais presque dans un même mot. »

Il faudra encore deux ans à Champollion pour publier aux frais de l'État son Précis du système hiéroglyphique des anciens Égyptiens et ouvrir les portes de l'égyptologie scientifique. Ses découvertes suscitent cependant controverses et critiques de la part de ses contemporains, notamment de son ancien maître Silvestre de Sacy, pour qui les Hieroglyphica d'Horapollon étaient la bible en la matière et qui le décourage en communiquant des informations à son collègue concurrent Thomas Young. Il obtient aussi de nombreux soutiens, comme Wilhelm von Humboldt ou des proches du roi (duc de Blacas, vicomte de La Rochefoucauld)

En 1822, il écrit et publie dans sa Lettre à M. le rédacteur de la Revue encyclopédique, relative au zodiaque de Dendérah, où sans s’avancer à donner une date, il contredit celle de Jean-Baptiste Biot, à savoir l'an -716. Mais Biot n'est pas le seul à avancer de telles dates. D'autres savants plus téméraires n'hésitent pas à remonter à plusieurs milliers d'années. Mais celles-ci pose un souci au Vatican qui lui fixe la création du Monde à l'an -3259 selon la bible. Champollion sur base du travail de Ennius Quirinus Visconti confirme la date que cet archéologue d'origine italienne, avait trouvé, c'est-à-dire le iie siècle de notre ère. De fait, Champollion est félicité par le pape à qui il rend visite et qui lui propose le chapeau de cardinal, mais Champollion refuse pour ne pas être exclu du milieu égyptologique. Le pape sollicite alors le roi de France pour qu'il ait la légion d'honneur

En 1824, recommandé, sur l'intervention de son frère Jacques-Joseph, par le prince d'Orléans, il passe plusieurs mois à Turin, où le roi vient d'acquérir la collection égyptienne de l'aventurier Bernardino Drovetti, ex-consul de France en Alexandrie ; il est chargé d'en établir le catalogue)

Il est nommé en 1826 conservateur chargé des collections égyptiennes au musée du Louvre. Il convainc le roi Charles X d'acheter la collection d'Henry Salt, consul britannique en Égypte, puis fait d'autres acquisitions majeures, dont la plus célèbre est celle de l'obélisque de Louxor, qui est couché en août 1834 sur le quai au début du Cours-la-Reine et dressé à Paris, place de la Concorde, le 25 octobre 1836

De 1828 à 1830, il réalise enfin son rêve : il part pour une mission scientifique en Égypte, avec son collaborateur et ami Ippolito Rosellini, et y recueille de nombreux données et objets pour vérifier que son système hiéroglyphique fonctionne bien. De retour en France en décembre 1829, il doit subir une quarantaine à Toulon dans un lazaret humide et glacé, ce qui aggrave sa goutte, sa tuberculose et probablement une bilharziose contractée en Égypte. Il est élu à l'Académie des inscriptions et belles-lettres après la chute de Charles X, et obtient la chaire d'Antiquité égyptienne au Collège de France. Il y donne sa leçon inaugurale en 1831. Cependant, il meurt à Paris le 4 mars 1832, à l'âge de 41 ans. La cause exacte de sa mort n'est pas connue (diabète, parasitose contractée en Égypte ?), son frère ayant refusé l'autopsie. Il est enterré selon sa volonté auprès de son ami Joseph Fourier au cimetière du Père-Lachaise, à Paris
Sources et auteur de cet article

Outils personnels
Espaces de noms

Variantes
Actions
Navigation
Boîte à outils