Archeowiki-archeologie-histoire-archeowiki.jpg


planet movie


Participer à l'enrichissement et à l'élaboration d'archéowiki, le wiki des passionnés d'archéologie et d'Histoire, en faisant une demande de création de compte par le biais de ce formulaire - Recommandez archeowiki.com

Le Coran La science des Qirâ'at ou lectures du Coran

De archeowiki. Le wiki des passionnés d'archéologie et d'histoire
Aller à : Navigation, rechercher

La science des Qirâ’at est une science coranique qui s’intéresse aux différentes variantes de lecture du Coran. Ces variantes diffèrent notamment en termes de prononciation, de tournures de mots, d’intonation, de diction ou encore de rythmique. Plusieurs grands savants musulmans s’y sont intéressés tels que Suyuti dans son célèbre livre Al-Itqân fi `ouloûm al-Qur'an ou encore Tabari.

Les musulmans admettent que le texte coranique qui fut fixé dans son intégralité à l’époque du 3e calife Othmân ibn Affân, était exactement tel qu'il fut révélé au prophète Muhammad. On note que les premières versions du Coran, écrites en hijazi – écriture arabe primitive– sont caractérisées par l’absence de signes diacritiques, de voyelles et de séparations des versets. Si l’on considère le texte brut et vu la richesse orale de la langue arabe et de ses tournures, une multitude de lectures seraient possibles, notamment en termes d’homonymes, de prononciations ou encore de tournures de mots.

Dès lors la science des Qirâ’at permettrait de s'assurer du fait que les lectures du Coran sont non seulement conformes au texte brut –celui du Mushaf d'Othmân– mais également conformes à la diction faite par le prophète Muhammad ou à celles qui furent approuvées par lui-même et ce, de manière à ne pas altérer le sens ou l’harmonie du Coran. Le Coran étant un texte divin, aucune altération volontaire des versets, de leur sens ou ajout humain n'est acceptable. De ce fait, ces lectures devront être authentifiées dans les moindres détails jusqu’au prophète par une chaine de transmetteurs ininterrompue constituée uniquement de rapporteurs intègres.

Les différentes possibilités de dictions, d’intonations ou de prononciation du Coran au temps même du prophète de l'islam sont attestées par la tradition dans plusieurs hadiths dont l’un des plus célèbres fut rapporté par Al-Bukhari,
« J'ai entendu Hichâm ibn Hakîm ibn Hizâm réciter la sourate Al-Furqân autrement que je ne la récitais. Or l'Envoyé d'Allah (que la bénédiction de Dieu et la paix soient sur lui) me l'avait fait réciter par lui-même. Je fus sur le point de l'interrompre, mais je le laissai terminer et alors, l'enroulant dans son vêtement, je le traînai jusqu'à l'Envoyé d'Allah […] et dis à ce dernier: « Je viens d'entendre cet homme réciter la sourate Al-Furqân autrement que tu ne me l'as fait réciter toi-même. » - « Lâche-le », me dit le Prophète […]. Puis s'adressant à Hichâm, il lui ordonna de réciter. Quand celui-ci récita de la même manière que je vins d'entendre, le Prophète […] dit: « C'est ainsi que cette sourate fut révélée. ». S'adressant alors à moi, il m'ordonna de réciter. Quand je récitai, il dit: « C'est bien ainsi que cette sourate fut révélée; le Coran fut révélé sur sept Ahrouf (modes ou tournures), récitez-le de la façon qui vous est la plus facile. » »

Plusieurs hypothèses furent données par les érudits musulmans sur ces Ahrouf. Certains commentateurs ont pensé que les Ahrouf désignent des dialectes des tribus arabes de l'époque : Quraysh, Yaman, Hawazin, Houdhayl, Banu Thaqif, Banu Kinanah (en) et Tamîm. D’autres, comme le célèbre compagnon Abdullah ibn Abbas, étant donné que la langue du Coran est une « langue arabe claire » (Coran 42:195), les Ahrouf ne seraient que des tournures du dialecte Qurayshite, dialecte de la propre famille de Mahomet. D’ailleurs, lors de la compilation du codex coranique d'Othmân, les compagnons sont revenus de manière systématique à la langue de Quraysh dès qu’il y avait le moindre soupçon de divergence.

Plusieurs érudits musulmans s’accordent à dire que ces Ahrouf sont à l'origine des différentes récitations du Coran –communément appelés Qirâ'at (القراءات) ou lectures. Pour d’autres, les sept Ahrouf renvoient tout simplement aux sept Qirâ’at authentiques les plus célèbres utilisées aujourd’hui. Quoi qu’il en soit l’usage des Ahrouf persista dans le cadre des différentes variantes de lectures faites par les compagnons du prophète Mahomet, notamment chez ceux qui mémorisaient intégralement le Coran.

Les principales Qirâ’at du Coran ont été fixées lors du IIe siècle par des Qur’aa – spécialistes des sciences de la lecture du Coran– faisant partie notamment des 2e et 3e générations de musulmans. Plus tard, en l’an 324 de l’hégire, Abu Bakr Ibn Mujahid fut le premier à rassembler sept différentes lectures en sélectionnant celles qui furent les mieux transmises et les plus fiables (Hafs, Nafii, etc.). Ces sept lectures authentiques sont Moutawatir, c'est-à-dire transmises par un grand nombre de transmetteurs intègres à chaque génération.

Plus tard, d'autres Qirâ’at ont également été identifiées comme authentiques pour constituer finalement dix ou quatorze Qirâ’at bien connues et admises par le consensus des érudits musulmans. Ces autres lectures sont également considérées comme authentiques mais rapportées par un degré moindre de transmetteurs à chaque maillon de la chaine, voire via un unique transmetteur. Toutefois, quatre de ces lectures ayant une chaîne de transmission authentique mais singulière, avec des maillons à un seul rapporteur, ne sont pas utilisées dans les actes cultuels.

Sources et auteur de cet article

Outils personnels
Espaces de noms

Variantes
Actions
Navigation
Boîte à outils