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Les Grands Hommes de L'Histoire Joseph Fouché

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Joseph Fouché, dit Fouché de Nantes, duc d'Otrante, comte Fouché, est un homme politique français, né le 21 mai 1759 au Pellerin près de Nantes et mort le 26 décembre 1820 à Trieste. Il est particulièrement connu pour la férocité avec laquelle, durant la révolution, il réprima l'insurrection lyonnaise en 1793 et pour avoir été ministre de la Police sous le Directoire, le Consulat et l'Empire.
À la Convention, il fait partie du comité de l'instruction publique. Il appartient au parti des Girondins, avant de voter la mort lors du procès de Louis XVI et de basculer vers les bancs des Montagnards.

Fouché est envoyé en mission dans l'Ouest et le Centre, et devient un propagandiste ardent de l'esprit révolutionnaire, organisant la Garde nationale à Nantes, recrutant des volontaires contre les vendéens.

Il effectue une intense entreprise de déchristianisation de la Nièvre. C'est au cours de ses missions dans le Centre et la Bourgogne que se manifesteront certaines dérives : destructions d'églises, croix brisées, pillages de trésors d'églises, autodafés de livres pieux et de vêtements sacerdotaux, etc.

Selon Emmanuel de Waresquiel ces écarts eurent pour conséquence en partie la renaissance catholique de la Restauration et du Second Empire.
Sur proposition de Barère, Jean-Marie Collot d'Herbois et Montaut sont nommés par la Convention pour remplacer Dubois-Crancé, qui avait pourtant déjà pris le contrôle de l'insurrection lyonnaise.

Fouché, alors dans la Nièvre, est prié de les y rejoindre le 30 octobre 1793 : « Le salut de la patrie vous appelle à Ville-Affranchie, partez, votre patriotisme nous répond de votre zèle et de la fermeté avec laquelle il faut opérer dans cette ville rebelle. » Et il lui conseille de rapporter discrètement son arrêté ordonnant de verser aux comités de surveillance l'or et l'argent monnayés, manière d'en laisser la destination à sa discrétion.

Ainsi Fouché est-il chargé de faire exécuter le décret qui ordonnait la destruction de la ville de Lyon, et il encourage les cruautés qui furent commises alors : à cette occasion, il gagne le surnom de « mitrailleur de Lyon », pour avoir substitué à la guillotine, jugée trop lente, l'exécution de masse des habitants jugés suspects par la mitraille (des canons tiraient sur des groupes de plusieurs dizaines de condamnés). 1 683 Lyonnais sont tués, victimes de la répression de Fouché. Le 2 frimaire (22 novembre), il écrit avec Collot d'Herbois, à la Convention :

« On n'ose pas encore vous demander le rapport de votre premier décret sur l'anéantissement de la ville de Lyon, mais on n'a presque rien fait jusqu'ici pour l'exécuter. Les démolitions sont trop lentes, il faut des moyens plus rapides à l'impatience républicaine. L'explosion de la mine et l'activité dévorante de la flamme peuvent seules exprimer la toute-puissance du peuple. Sa volonté ne peut être arrêtée comme celle des tyrans, elle doit avoir les effets du tonnerre. Signé Collot d'Herbois et Fouché. »

Dans l'exercice de son mandat, Fouché est aussi accusé de dilapidations et de détournements. Ainsi, cet arrêté pris par lui et son collègue Albitte :

« Les représentants du peuple envoyés à Commune affranchie pour y assurer le bonheur du peuple requièrent la commission des séquestres de faire apporter chez eux deux cents bouteilles du meilleur vin qu'ils pourraient trouver, et en outre, cinq cent bouteilles de vin rouge de Bordeaux, première qualité, pour leur table. »

Rappelé à Paris le 7 germinal (27 mars 1794) à la demande de Robespierre, malgré la protection de Billaud-Varenne, Fouché réintègre la Convention le 17 germinal (8 avril), qui renvoie son rapport au comité de salut public. Il justifie alors la violence de la répression lyonnaise en disant « le sang du crime féconde le sol de la liberté et affermit sa puissance ». À son retour, il a une entrevue avec l'Incorruptible :


« Mon frère lui demanda compte du sang qu'il avait fait couler et lui reprocha sa conduite avec une telle énergie d'expression que Fouché était pâle et tremblant. Il balbutia quelques excuses et rejeta les mesures cruelles qu'il avait prises sur la dureté des circonstances. Robespierre lui répondit que rien ne pouvait justifier les cruautés dont il s'était rendu coupable ; que Lyon, il est vrai, avait été en insurrection contre la Convention nationale, mais que ce n'était pas une raison pour faire mitrailler en masse des ennemis désarmés. » — Charlotte de Robespierre, Mémoires

Par la suite, après le reflux de la Terreur, il cherche à rejeter la faute sur Collot d'Herbois.

Se justifiant devant les Jacobins, il parvient à se faire élire à la présidence du club le 16 prairial (4 juin), en l'absence de Robespierre. Toutefois, quand des délégations de Nevers et du Morvan viennent l'accuser, celui-ci l'attaque ouvertement aux Jacobins. Chassé le 24 prairial (12 juin) des Jacobins sous l'influence de Robespierre, Fouché sait alors, comme il l'écrira dans ses Mémoires, « qu’il avait l’honneur d’être inscrit sur ses tablettes à la colonne des morts ».

Se battant avec énergie pour sauver sa vie, il participe activement au complot qui aboutit à la chute de Robespierre et joue un rôle décisif, au cours de la nuit du 8 au 9 thermidor, dans les négociations avec les chefs de la Plaine, leur promettant la fin de la Terreur pour prix de leur alliance.
Il déploie dans ce poste une grande activité, ainsi qu'une sagacité rare, et rend service à Napoléon Bonaparte lors du coup d'État du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799), ne prenant aucune mesure contre lui.

En qualité de ministre de la police, il fait arrêter les Directeurs lors du coup d'État du 18 brumaire. Sans avoir confiance en sa probité, le Premier Consul le maintient dans son poste et il obtient ainsi son portefeuille de ministre, ministère qu'il réorganise, cumulant la direction de la police et celle de la gendarmerie.

Fouché, parvenu de l'empire, se distingue par son cynisme et ses abus de pouvoirs dans la gestion du médiatique enlèvement du sénateur de Ris, dans laquelle il fit condamner deux innocents pour se sauver. Deux gentilshommes royalistes, le marquis de Canchy et le comte de Mauduison sont accusés à tort par Fouché. En effet, Fouché avait, quelques années auparavant, embrassé une fille de force dans une auberge. Canchy et Mauduison, nobles et élégants, avaient sauvé cette jeune femme, couvrant de honte ce Fouché, qui n'était pas encore un parvenu ou ministre à cette époque. La rancœur personnelle que Fouché leur avait conservée, les fit condamner à mort.

Il prouve que l'attentat de la rue Saint-Nicaise (1800) est le fait des royalistes, alors que Bonaparte est persuadé de la culpabilité des républicains jacobins. Décidé néanmoins à donner des gages au Premier Consul, il prépare une liste de cent trente noms de « septembriseurs » que Bonaparte fera déporter

En 1802, alors que Bonaparte cherche à obtenir le pouvoir à vie, Fouché tente de manœuvrer le Sénat contre celui-ci. Inquiet de sa puissance, Bonaparte supprime son ministère le 26 fructidor an X (13 septembre 1802), après des critiques de Talleyrand, son ennemi de toujours, et des frères de Bonaparte. Il conserve un rôle dans l'arrestation de Pichegru, Moreau et du duc d'Enghien.

À titre de compensation, Napoléon lui offre un siège au Sénat conservateur, la Sénatorerie d'Aix et un million deux cent mille francs de gratification.

Il redevient ministre de la police en juillet 1804 et le reste jusqu'en juin 1810. Comte d'Empire en 1808, duc d'Otrante en 1809 pour sa gestion remarquable de l'Empire en l'absence du souverain, il est à nouveau disgracié, pour avoir essayé de soumettre des propos de paix avec l'Angleterre auprès du ministre Arthur Wellesley. Il fomente alors un complot, avec pour complice Talleyrand, pourtant son rival de toujours. Il subit la colère de Napoléon comme Talleyrand en janvier 1809, pour avoir entamé des pourparlers secrets avec la Grande-Bretagne, il est alors disgracié (1810).
Après la campagne de Russie, il est nommé, à la faveur d'un retour en grâce, gouverneur des Provinces illyriennes (Slovénie) en 1813, poste fort difficile. Une fois dans les Provinces, il y montre de la modération, il y plaide pour l'abolition totale du servage, joue pleinement son rôle de gouverneur, en organisant des réceptions pour les notables locaux, et en s'intéressant aux problèmes de la population. Il ne s'enfuit de Laibach (aujourd'hui Ljubljana) que quelques jours avant l'arrivée des Autrichiens, pour continuer à faire croire à la population qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter.

Fouché trahit de nouveau l'Empereur avec Joachim Murat en 1814, et se trouve à Paris pour offrir au comte d'Artois (le futur Charles X) la lieutenance générale du royaume après la défaite impériale. Toutefois, il refuse les offres d'emploi de la monarchie rétablie, qui tente alors de le faire arrêter. Soupçonné de comploter avec les républicains durant la première Restauration, il retrouve le ministère de la Police lors des Cent-Jours, tout en ménageant les royalistes.
Étant à nouveau ministre de la police pendant les Cent-Jours, il manœuvre pour préparer la transition, prévoyant la défaite impériale. Il est alors l'homme clé du gouvernement, l'Empereur étant au combat.

Après la défaite de Waterloo, il devient président du gouvernement provisoire et négocie avec les puissances alliées, dont l'Angleterre. Il manipule les républicains et les monarchistes, négocie avec les forces diverses qui déchirent le pays, pour maintenir l'ordre et la continuité de l'État.

Jugeant que la monarchie est le régime qui permettra au mieux à la France de retrouver sa souveraineté, il remet sur le trône Louis XVIII, et, le 9 juillet 1815, il devient son ministre. Une cabale puissante des anciens émigrés est alors déclenchée contre lui. Le Roi le nomme, pour l'éloigner, ambassadeur à Dresde.


« Ensuite, je me rendis chez Sa Majesté : introduit dans une des chambres qui précédaient celle du roi, je ne trouvai personne ; je m'assis dans un coin et j'attendis. Tout à coup une porte s'ouvre : entre silencieusement le vice appuyé sur le bras du crime, M. de Talleyrand marchant soutenu par M. Fouché ; la vision infernale passe lentement devant moi, pénètre dans le cabinet du roi et disparaît. Fouché venait jurer foi et hommage à son seigneur ; le féal régicide, à genoux, mit les mains qui firent tomber la tête de Louis XVI entre les mains du frère du roi martyr ; l'évêque apostat fut caution du serment. »

— François-René de Chateaubriand, Mémoires d'Outre-tombe
Frappé par la loi du 12 janvier 1816 car ayant voté la mort de Louis XVI, il est exilé en tant que régicide; il aurait alors éprouvé le besoin de publier une sorte de plaidoyer pro domo justifiant son action politique, mais dans une certaine indifférence en France; "L'insupportable tombeau du pouvoir, c'est celui-là  : être oublié. Le temps vous a mangé" (Jean-François Deniau à propos d'une biographie de Fouché par Stephan Zweig, Survivre, 2004).

Il meurt en exil à Trieste en 1820, assisté par le prince Jérôme Bonaparte, qui, sous ses ordres et sa surveillance, brûle, durant cinq heures, tous ses papiers, très compromettants pour lui et pour beaucoup; cet autodafé fit disparaître une partie de l'histoire du Directoire, du Consulat et du Premier Empire.

Le 14 juin 1875, ses cendres sont transférées au cimetière de Ferrières-en-Brie, en Seine-et-Marne, où il avait acheté un château qui sera plus tard la propriété du Baron de Rothschild.

Les papiers personnels de Fouché sont conservés aux Archives nationales sous la cote 187AP

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