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Samouraï

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Le terme « Samouraï », mentionné pour la première fois dans un texte du xe siècle, vient du verbe "saburau" qui signifie « servir ». L'appellation est largement utilisée dans son sens actuel depuis le début de la période Edo, vers 1600. Auparavant, on désignait les guerriers plutôt par les termes mono no fu (jusqu'au viiie siècle), puis bushi, qui peuvent l'un ou l'autre se traduire par « homme d'armes ». À partir de la période Edo, les termes Bushi et Samouraï ne sont pas tout à fait synonymes, il existe une différence subtile (voir l'article Bushi) On trouve aussi parfois le terme buke : il désigne la noblesse militaire attachée au bakufu (gouvernement militaire), par opposition aux kuge, la noblesse de cour attachée à l'empereur. Les buke sont apparus durant l'ère Kamakura (1185–1333) ile
La classe de guerriers professionnels du Japon, constituée d'archers montés sur des étalons, trouve son origine dans la volonté impériale de conquérir des terres des Aïnous à la fin de la période Nara. Jusque-là, le Japon disposait d'une armée fondée sur la conscription, inspirée du modèle chinois. Les hommes âgés de vingt à trente ans étaient conscrits, répartis en autant de gunki (corps de mille soldats et officiers) qu'il y avait de provinces et attachés au service du kokushi (gouverneur de la province). Ce système se révéla totalement inefficace pour lutter contre les « barbares » Aïnous, redoutables cavaliers. L'empereur décida en 792 de le dissoudre pour mettre en place un nouveau système appelé kondeisei. Le Kondesei avait l'avantage de réduire le poids du service militaire chez les paysans (sur qui reposait l'Économie) puisqu'il était constitué de jeunes cavaliers archers issus de milieux plus aisés. Cette milice, formée de 3964 hommes, commença à tomber en désuétude au xe siècle, mais on ne peut affirmer qu'elle soit à l'origine des premiers samouraïs, apparus à cette époque
Mitsuo Kure, dans son livre Samouraïs (p. 7), cite plusieurs autres origines possibles pour les samouraïs :

  • les kugutsu, des nomades qui parcouraient le Japon en vivant de spectacles de marionnettes et d'acrobaties, eux aussi réputés grands cavaliers archers. Il est toutefois impossible de dire s'ils utilisaient des grands arcs
  • les contacts avec les Emishi, durant les combats contre eux, mais aussi au cours d'activités commerciales ou en les employant comme mercenaires pour protéger Kyūshū de tentatives d'invasion coréennes ou chinoises, ont pu inspirer à la cour impériale de Kyōto l'idée de créer une cavalerie, jusqu'ici totalement absente de l'histoire militaire du Japon

Enfin, Mitsuo Kure énonce une dernière hypothèse selon laquelle les samouraïs seraient à l'origine des gardes du palais impérial au début du xe siècle, se fondant sur les premiers documents mentionnant le mot samurai (ou plutôt saburai, « en service », qui se déforma plus tard en samurai). S'il rejette rapidement cette hypothèse, arguant que les meilleurs élevages de chevaux se trouvaient dans le Kantō et le Tōhoku et que les armures o-yoroi furent mises au point sur le champ de bataille et non dans la paix de la cour, cette hypothèse est en revanche la seule origine citée par Stephen Turnbull dans son Samurai Sourcebook (p. 8).
Turnbull indique à leur sujet qu'ils passèrent rapidement du service impérial à celui des riches propriétaires terriens des provinces, qui devaient lutter contre les emishi, les bandits et les propriétaires terriens rivaux. Il précise aussi que ces premiers clans de samouraïs étaient d'origine modeste, mais se plaçaient sous l'égide de descendants de lignées impériales mineures, partis chercher fortune dans les contrées sauvages. Les deux plus puissants clans de samouraïs de la fin de l'ère Heian, les clans Taira et Minamoto, découlent de cette tradition, descendant respectivement des empereurs Kammu et Seiwa

Sommaire

L'éducation du jeune Samouraï

Dans la tradition, le fils de Samouraï était soumis à une discipline très stricte. Le temps des caresses maternelles est douloureusement court. Avant même d'avoir vêtu son premier pantalon, on l'avait soustrait autant que possible aux tendres contacts et on lui avait appris à réprimer les élans affectueux de l'enfance. Tout plaisir oisif était rigoureusement mesuré et le confort lui-même proscrit, sauf en cas de maladie. Ainsi, dès le moment où il savait parler, on lui enjoignait de considérer le devoir comme le seul guide de son existence, le contrôle de soi comme la première règle de conduite, la souffrance et la mort comme des accidents sans importance du point de vue individuel
Cette éducation austère n'allait pas sans impératifs beaucoup plus contraignants, destinés à développer une impassibilité totale dont l'enfant ne devait jamais se départir, hormis l'intimité de la maison. On accoutumait les garçonnets à la vue du sang en les forçant à assister à des exécutions. Ils ne devaient manifester aucune émotion. De retour chez eux, on les obligeait à manger un grand plat de riz coloré en rouge sang par l'adjonction d'un jus de prunes salé, afin de réprimer tout sentiment d'horreur secret. Des épreuves encore plus pénibles pouvaient être imposées, même aux très jeunes enfants. À titre d'exemple, on les contraignait à se rendre seuls, à minuit, sur les lieux du supplice, et à en rapporter la tête d'un des condamnés pour preuve de leur courage. En effet, la crainte des morts était jugée tout aussi méprisable de la part d'un samouraï que celle des vivants. Le jeune samouraï devait apprendre à se prémunir contre toutes les peurs. Dans toutes ces épreuves, la plus parfaite maîtrise de soi était exigée. Aucune fanfaronnade n'aurait été tolérée avec plus d'indulgence que le moindre signe de lâcheté
En grandissant, l'enfant devait se satisfaire, en guise de distractions, de ces exercices physiques qui, très vite et pour le restant de ses jours, préparent le samouraï à la guerre : Kenjutsu, jujutsu, Bajutsu, Kyujutsu respectivement art du sabre, lutte, art équestre, tir à l'arc. On lui choisissait des compagnons parmi les fils des domestiques, plus âgés que lui et sélectionnés pour leur habileté dans l'exercice des arts martiaux. Ses repas, bien qu'abondants, n'étaient pas très raffinés, ses tenues légères et rudimentaires, sauf à l'occasion des grandes cérémonies. Lorsqu'il étudiait, en hiver, s'il arrivait qu'il eût si froid aux mains qu'il ne puisse plus se servir de son pinceau, on lui ordonnait de plonger dans l'eau glacée pour rétablir la circulation. Si le gel engourdissait les pieds, on l'obligeait à courir dans la neige. Plus rigoureux était encore l'entraînement militaire proprement dit : l'enfant apprenait de bonne heure que la petite épée à sa ceinture n'était ni un ornement, ni un jouet
Pour l'éducation religieuse du jeune samouraï, on lui apprenait à vénérer les dieux anciens et les esprits de ses ancêtres. On l'initiait à la foi et à la philosophie bouddhiques et on lui enseignait l'éthique chinoise. Ceci est à nuancer du fait que tel clan ou telle famille ou encore telle koryu (école d'arts martiaux) tendaient à une vision shintoïste, bouddhique ou confucianiste. Ainsi la Tenshin Shōden Katori Shintō-ryū incline vers le Shintoïsme tandis que la Hyoho Niten Ichi Ryu ouvre son texte majeur sur une invocation à une déité bouddhiste en poursuivant que s'il faut vénérer les dieux, il ne faut pas pour autant attendre d'eux la victoire
Peu à peu, à mesure qu'il passait de l'enfance à l'adolescence, la surveillance à laquelle il était soumis allait s'amenuisant. On le laissait de plus en plus libre d'agir selon son propre jugement, avec la certitude qu'on ne lui pardonnerait pas la moindre erreur, qu'il se repentirait toute sa vie d'une offense grave et qu'un reproche mérité était plus à redouter que la mort même
Le samouraï apprenait son métier au sein d'écoles anciennes dispensant une formation aux armes, à la stratégie, au renseignement et aux divers aspects de l'art de la guerre. Ces koryu, écoles anciennes, ont été le cadre qui a façonné l'excellence technique et morale du samouraï

Différents types de samouraï

Un samouraï n'ayant pas de rattachement à un clan ou à un daimyō (seigneur féodal) était appelé un rōnin. Un samouraï qui était un vassal direct du shogun était appelé hatamoto. Cependant, tous les soldats n'étaient pas samouraïs, ceux-ci constituant une élite équivalent en quelque sorte aux chevaliers européens ; l'armée, à partir de la période Kamakura, reposait sur de larges troupes de fantassins de base nommés ashigaru et recrutés principalement parmi les paysans

Des armes

Le samouraï utilisait environ 40 armes avec une mention spéciale pour le katana, grand sabre, qu'il était le seul à pouvoir porter. Il étudiait les kobudo, les arts martiaux japonais d'avant 1868, au sein des koryu, écoles anciennes. Il attribuait une grande importance au katana, suivant ainsi le Bushidō pour lequel le katana est l'âme du samouraï. Quand un enfant avait atteint l'âge de 15 ans, il pouvait obtenir un wakizashi (petit sabre) et un nom d'adulte lors d'une cérémonie appelée genpuku. Lors de cette cérémonie, il devenait samouraï. Il obtenait aussi le droit à porter un katana, mais l'épée était normalement fermée avec de la ficelle pour prévenir les accidents. Un katana et un wakizashi ensemble sont appelés un daisho (littéralement : "grand et petit")
Le wakizashi était "la lame d'honneur" d'un samouraï et il ne quittait jamais son côté. Le samouraï dormait avec sous son oreiller et l'emmenait avec lui quand il entrait dans une maison et devait laisser ses armes principales dehors. Le tanto était un petit poignard, et il était porté quelques fois à la place du wakizashi dans un daisho. Il était utilisé quand un samouraï devait faire seppuku ou hara-kiri (suicide). Cependant, placé dans le keikogi (« vêtement d'entraînement »), le tanto se révèle être une arme de poing très utilisée pour les assassinats ou les combats rapprochés
L'arme favorite du samouraï était le yumi (l'arc). Le yumi resta inchangé jusqu'à l'apparition de la poudre à canon et des fusils au xvie siècle. L'arc à poulies de style japonais n'était pas une arme très puissante en comparaison avec l'arc classique d'Eurasie. Sa taille permettait de lancer divers projectiles comme des flèches enflammées, et flèche-signaux d'une portée efficace de 50 mètres, et plus de 100 mètres quand la précision n'était pas importante. Il était ordinairement utilisé à pied derrière un tedate, un grand mur de bambou mobile, mais il pouvait même être utilisé à dos de cheval. La coutume de tirer à dos de cheval, yabusame, est devenue une cérémonie shintoiste
Le nodachi est un sabre d'aspect similaire au katana, mais qui mesure environ 150 cm ; il était réservé aux samouraïs les plus forts. On peut voir Kikuchiyo, personnage venant du monde paysan, en manipuler un dans le film Les Sept Samouraïs. Ce type d'arme est particulièrement adapté à la lutte contre les unités de cavalerie
Au xve siècle, le yari (lance) est également devenu une arme populaire. Il a remplacé le naginata sur le champ de bataille lorsque la bravoure personnelle est devenue moins importante, et les batailles, plus organisées. Le yari était plus simple à utiliser et plus mortel qu'un katana. Une charge, à cheval ou à terre, était plus efficace quand une lance était utilisée, et offrait plus de 50 % de chances de vaincre un samouraï armé d'un tachi, forme primitive de katana adaptée au combat monté, parfois appelé par erreur « daïkatana » dans la culture occidentale. Dans la Bataille de Shizugatake, où Shibata Katsuie fut vaincu par Toyotomi Hideyoshi (ou Hashiba Hideyoshi), les « sept lances » de Shizugatake ont joué un rôle crucial dans la victoire
Les armes blanches utilisées par les samouraï ont énormément gagné en qualité au fil des siècles, jusqu'à arriver à une qualité inégalée : les lames forgées selon la tradition japonaise sont encore aujourd'hui les meilleures que l'Homme ait faites sur le plan des qualités physiques, grâce aux techniques complexes de forge et de trempe développées par les forgerons d'armes japonais, ainsi que le Tamahagane, acier spécial obtenu à base de sable ferrugineux

Armure du samouraï

Une armure du samouraï est un équipement destiné à protéger les samouraïs. Elle est constituée de plusieurs parties. L'assemblage des pièces de l'armure est conçu de manière à nuire le moins possible à la mobilité
C'est durant la période Heian, entre 794 et 1185, que l'armure du samouraï évolue dans sa forme la plus connue, dou ou dō. Des pièces de cuir imperméabilisées avec de la laque sont employées conjointement avec du métal, de la soie et différents alliages comme le shakudo (or et cuivre) ou le shibuichi (argent et cuivre). Les armures sont de type lamellaire, constituées de petites plaques de métal ou de cuir lacées les unes aux autres. L'armure se nomme ō-yoroi. En raison de sa lourdeur, elle évolue vers un modèle plus léger et mobile, l'armure dō-maru. Grâce à l'acier utilisé, l'armure ne pèse que 10 à 20 kg, contre les 35 kg de la lourde armure européenne. Au xvie siècle, le commerce avec l'Europe enrichit l'armure japonaise avec, par exemple, le morion. L'arrivée des armes à feu impose un renforcement de l'armure qui sera désormais construites de plaques, faites de fer et d'acier, au lieu de lames. De même, le besoin d'armures en raison des conflits amène l'introduction de plastrons faits de larges bandes lacées ou rivetées au lieu du long laçage d'écailles alors en vigueur. Durant la période Edo, les armures, moins nécessaires en ces temps de paix, se développement en vêtements d'apparat pour les samouraïs, rivalisant de richesse et de sophistication, jusqu'à la fin des samouraïs en 1877
L'armure du samouraï se décompose en plusieurs parties :

  • Le casque (kabuto), essentiel à la protection et arborant toujours un ornement frontal.
  • Le masque (menpō), pour la protection du visage, souvent orné d'une moustache pour accentuer l'aspect intimidant du samouraï.
  • Le gorgerin (yodarekake) protège la gorge.
  • Les épaulières (sode (armure)) recouvrent les épaules.
  • Le plastron (dō), sorte de signature de l'armure, protège le corps.
  • Les manches (kote) pour protéger les avant-bras.
  • Les gantelets (tekkō) servent à la protection des mains. Cette pièce est souvent ornée du mon.
  • La jupe (kusazuri), constituée de plusieurs pans pour favoriser la mobilité tout en protégeant la région des hanches.
  • Les cuissards (haedate) protègent les cuisses sous la jupe.
  • Les jambières (suneate) pour la protection des jambes et quelquefois jusqu'aux pieds

Autres accessoires ou attributs

  • Sashimono, petite bannière portée pour identifier les troupes pendant les batailles.
  • Horo, ornement porté surtout vers l'arrière pour protéger des flèches.
  • Agemaki, gland décoratif) porté à l'arrière du casque ou de l'armure.
  • Jirushi, drapeaux ou bannières portés sur le casque ou les épaulières à des fins d'identification.
  • Datemono, ornements portés sur le casque

Le premier samouraï étranger

Le premier samouraï étranger, choisi par Oda Nobunaga, était un esclave Africain
Yasuke arrive du Mozambique en 1579, au service d'un très renommé Jésuite Italien du nom de Alessandro Valignano. Il fait aussitôt sensation lorsqu'il arrive à la capitale. De nombreuses personnes qui affirmaient l'avoir vu furent tués pour ce qui était considéré comme un mensonge dont ils ne voulaient pas démordre. Nobunaga ayant vent de ces rumeurs et imaginant qu'il devait y avoir un subterfuge, suspectant en particulier que l'homme devait être tout simplement peint en noir, décide de le rencontrer et de faire gommer sa peau. À sa grande surprise, la couleur de l'homme était réelle, Nobunaga intéressé lui donne de l'argent en dépit du fait qu'il est toujours esclave de Valignano et le laisse repartir. Lors des missions du Jésuite au Japon en 1581, Yasuke apprend à parler Japonais et vient à nouveau à rencontrer Nobunaga qui apprécie beaucoup sa compagnie, jugeant l'homme incroyablement robuste, fort et intelligent. Il demande à Valignano, qui devait quitter le Japon cette même année, de laisser Yasuke vivre au Japon sous sa protection. Nobunaga appréciait tellement Yasuke que les gens pensèrent qu'il serait un jour nommé seigneur. Ce ne fût pas le cas, mais Yasuke devint samouraï
En 1582, Nobunaga est défait à Kyoto par l'armée de Akechi Mitsuhide. Yasuke part alors à la rencontre de son héritier, Oda Nobutada, au château de Nijo. Nobutada à son tour attaqué, peut compter sur Yasuke qui reste un samouraï fidèle. Lorsque Mitsuhide fait tomber le château de Nijo, Yasuke n'est pas tué mais amené à Akechi Mitsuhide pour qu'il décide de son sort. On déclare qu'il n'est pas un homme, qu'il ne sait rien, n'est pas Japonais, qu'il ne doit cependant pas être tué mais porté aux Jésuites indiens dont Valignano, le missionnaire italien, avait été en charge quelques années auparavant. Yasuke doit donc retourner aux Jésuites indiens et nul ne sait ce qu'il est advenu de lui par la suite, aucun écrit n'ayant été retrouvé après cet événement
Description de Yasuke dans les mémoires de Nobunaga Oda (Shinchōkōki) : « Le 23 du second mois, un serviteur noir vint des pays Chrétiens. Il semblait avoir 26 ou 27 ans, son corps tout entier était noir comme celui d'un boeuf. Il était solide et avait de la présence. De plus, sa force était supérieure à celle de 10 hommes réunis. » Yasuke mesurait en effet 1,88 m ce qui a l'époque au Japon devait être extrêmement impressionnant
Sources et auteur de cet article

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